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Guides pratiques
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DECEMBRE 2025 - Addictions comportementales et thérapies assistées par les psychédéliques
3 questions à Benoît Schreck, psychiatre addictologue au CHU de Nantes et enseignant au sein du Pôle Santé de Nantes Université.
Les recherches du Dr Benoît Schreck portent sur les addictions comportementales, en particulier l’addiction au sexe et le chemsex. Il s’intéresse également à l’utilisation de thérapies innovantes telles que la psychothérapie assistée par la psilocybine, un composé de champignons hallucinogènes.
1. Pourquoi s’intéresse-t-on aujourd’hui aux psychédéliques comme nouvelle piste thérapeutique pour le traitement de certaines addictions, y compris comportementales ?
On s’y intéresse d’abord parce que, malgré les progrès réalisés, les addictions sont des troubles chroniques avec des taux de rechute élevés, en particulier lorsqu’elles s’accompagnent de rigidités psychologiques, d’impulsivité ou de difficultés à donner du sens au changement. Cela vaut autant pour les addictions avec substances que pour les addictions comportementales, comme le jeu d’argent pathologique.
Les psychédéliques, utilisés dans un cadre thérapeutique strictement encadré, semblent agir sur des processus transdiagnostiques communs aux addictions : la flexibilité cognitive, la régulation émotionnelle, le rapport à soi et aux valeurs, ou encore la capacité à sortir de schémas répétitifs. Contrairement à un traitement pris au long cours, ils s’inscrivent dans une approche psychothérapeutique structurée intensive et limitée dans le temps.
Il ne s’agit pas de substances miracles mais d’outils potentiels qui permettent chez certains patients, de faciliter un travail psychothérapeutique là où les approches classiques atteignent parfois leurs limites.
2. Où en est aujourd’hui la recherche clinique concernant l’utilisation des psychédéliques dans le traitement des addictions comportementales ?
À ce jour, aucun psychédélique n’est autorisé comme traitement en routine pour les addictions, qu’elles soient avec ou sans substance.
Des essais contrôlés ont déjà montré, dans des addictions avec substances (notamment celles à l’alcool ou au tabac), que la psychothérapie assistée par la psilocybine pouvait être mise en œuvre de manière sûre dans des contextes hospitaliers avec des résultats encourageants.
En revanche, pour les addictions comportementales, nous en sommes à un stade beaucoup plus précoce : il n’existe aucune donnée clinique publiée. C’est précisément l’objectif de l'étude pilote PASSENGER que nous mettons en place dans le service d'addictologie du CHU de Nantes : évaluer la faisabilité, l’acceptabilité et la sécurité de ce type d’approche dans le traitement du jeu d'argent pathologique, avant même de s’intéresser à une éventuelle efficacité. C’est une étape indispensable avant de mettre en place une étude de plus grande envergure qui soit généralisée à plusieurs addictions comportementales.
3. Quelles sont les principales limites, risques ou contre-indications à envisager avant d’imaginer une intégration large des thérapies assistées par psychédéliques pour le traitement des addictions comportementales ?
Il existe des contre-indications médicales et psychiatriques, notamment les troubles psychotiques et les troubles bipolaires. Ces approches ne sont pas adaptées à tous les patients.
Ensuite, les expériences psychédéliques sont généralement émotionnellement très intenses. Sans un cadre thérapeutique rigoureux avec notamment une préparation et une intégration (debriefing) adéquates, elles peuvent être déstabilisantes voire délétères.
Il y a aussi des enjeux organisationnels et éthiques majeurs : formation des professionnels, standardisation des protocoles, prévention des usages de psychédélique non encadrés et risque de dérives commerciales.
Enfin, il faut rester prudent face à l’enthousiasme médiatique à une éventuelle banalisation de l'utilisation des psychédéliques. Ces approches novatrices doivent être évaluées avec la même exigence scientifique que n’importe quel autre traitement. Aujourd’hui, elles relèvent encore du champ de la recherche clinique et non du soin courant. Toutefois, la recherche clinique progresse rapidement, j'ai donc bon espoir que nous ayons des réponses à nos nombreuses interrogations scientifiques d'ici quelques années.
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