Actualités des addictions

Ecrans, jeux vidéo et trouble du jeu vidéo : 2 points de vue

 

Renanto Poespodihardjo, psychologue aux cliniques psychiatriques universitaires de Bâle explique ce qu’est le trouble du jeu vidéo, pathologie figurant depuis 2019 dans la Classification internationale des maladies (CIM-11). Il évoque aussi les mondes numériques parallèles dans lesquels se perdent certains enfants et adolescents, l’aide apportée par les personnes de référence et l’impact de la pandémie de COVID-19.

» Lire l'interview de R. Poespodihardjo
 

Le Dr. Philippe Stephan, pédopsychiatre, privat-docent et maître d’enseignement et de recherche à la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne donne son point de vue sur la question du jeu « champ d’expérimentation de tout ce qui fait l’humain ».

Il part du postulat que les générations à venir auront des parents qui ont baigné eux-mêmes dans le numérique. Selon lui, il faudra d’abord éduquer les parents pour qu’ils dialoguent avec leurs enfants à propos de leurs pratiques numériques.
 

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12/10/2021

The social value of gambling: surplus estimates by gambling types for France

Ce document de travail - en anglais – a été rédigé par Sophie Massin et Maxence Miéra et publié par le laboratoire de recherche LEM, Lille Economie Management (https://lem.univ-lille.fr/).

Cette recherche a estimé le surplus social des jeux d'argent en France, en additionnant trois composantes : le surplus du consommateur, le surplus du producteur et les recettes fiscales. Pour estimer le surplus du consommateur, les auteurs ont utilisé l'approche du repère rationnel, qui attribue une perte de bien-être (c'est-à-dire un surplus négatif) aux joueurs problématiques en fonction de leur niveau d'excès de dépenses par rapport aux joueurs récréatifs.

Cette étude a permis aux auteurs de conclure que le surplus social net reste strictement négatif pour quatre types de jeux d'argent : les paris sportifs hors ligne et en ligne, les courses de chevaux hors ligne et les jeux de table dans les casinos terrestres.

Ces résultats peuvent être des guides utiles pour la politique publique en matière de jeux d'argent.

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11/10/2021

En Suisse, un tiers des revenus des jeux provient des joueus excessifs : étude parue Journal of Gambling Issues

Les 3% de personnes avec un comportement de jeu problématique ou pathologique seraient ainsi à l'origine de 31,3% des dépenses totales dans les jeux d'argent.

Cette étude, réalisée par le centre du jeu excessif du CHUV, l'Institut de santé globale de l'Unige et l'Observatoire des jeux (France) utilise les données issues dans l'Enquête suisse sur la santé 2017.

Même si cette étude représente un premier pas important, elle est limitée par le fait qu'il s'agisse de données auto-rapportées. Les auteurs rappellent qu’en Suisse, il n’est pas possible de disposer – contrairement à la France - des données des opérateurs de jeu.

Dans un commentaire paru sur le site Internet du GREA, Camille Robert, Chargée de programme au GREA, précise que « si les joueuses et joueurs problématiques ne seraient à l’origine que de 17 % des revenus dans les jeux de loterie et tirage en ligne, ils représenteraient plus de 75% des dépenses dans le poker en ligne ». Et elle ajoute que « toutes les études s’accordent sur le fait que ce sont plutôt des personnes peu formées, avec peu de revenus ».

Elle conclut en écrivant : « nos politiques restent bien trop libérales dans leur essence pour éviter la dérive d’une fiscalisation accrue des personnes vulnérables ». Pour elle cette politique qui prélève l’argent dans les poches des joueuses et des joueurs et crée des problèmes que l’État devra ensuite prendre en charge n’est plus acceptable.

» Lire l'article paru sur le site du GREA

» Lire l'édito de Camille Robert

01/10/2021

Quel traitement du craving dans les addictions comportementales? Etude du CHU de Nantes

Les addictions comportementales (jeu d’argent pathologique, addiction à l’alimentation, addiction sexuelle) et les addictions aux substances psychoactives sont très semblables. Une des manifestations cliniques est le le craving (envie impérieuse, incontrôlable de s’engager dans la consommation ou le comportement). 

Les soins, en particulier la prise en charge grâce aux thérapies cognitivo-comportementales, s’ils fonctionnent bien sont parfois confrontés à des rechutes des patients puis à l’abandon du suivi psychothérapeutique.  

Pour l’instant aucun traitement pharmacologique n’est autorisé pour l’indication « Addictions comportementales » même si plusieurs médicaments ont été testés. Parmi ceux-ci, deux antagonistes des récepteurs opioïdes, la naltrexone (Revia®) et le nalméfène (Selincro®), semblent les plus prometteurs. 

La recherche NABAB conduite au CHU de Nantes va évaluer l’efficacité du nalmefène.

L’article publié sur le site https://www.santementale.fr présente cette future recherche

 

L'Autorité nationale des jeux (ANJ) lance une consultation publique à propos des pratiques publicitaires des opérateurs de jeux

 

Au vu des dérives constatées pendant l'Euro de football 2020, l’ANJ a décidé de lancer une consultation en ligne ouverte à tous pendant un mois.

L’objectif est de proposer de nouvelles mesures aux pouvoirs publics qui permettent de faire respecter le modèle du jeu récréatif. En effet, les opérateurs de jeux dont la cible est  les  jeunes publics a tendance à inciter ceux-ci à travers des messages entretenant « l'illusion de l'argent facile... ».

Certains pays européens ont déjà pris des mesures pour limiter le volume des publicités ou en encadrer le contenu de façon plus stricte.

L’ANJ proposera dans les semaines à venir deux ateliers de « dialogue citoyen» :

 un débat entre opérateurs de jeux, professionnels de l'addiction, universitaires, communauté éducative...

un «atelier de travail» réunissant opérateurs de jeux et publicitaires, coorganisé avec l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP).

»  Lire l'article paru dans Le « Figaro Economie »

21/09/2021
 

Fiches pédagogiques pour la prévention du jeu excessif
 

Ces fiches à destination des adolescents et jeunes adultes sont proposées par le Programme intercantonal de lutte contre la dépendance au jeu (PILDJ) sur leur site Internet pour les enseignants.

Elles visent à renforcer les connaissances des élèves sur les jeux d’argent et leurs compétences psychosociales (notamment la pensée critique et la prise de décision).

Les contenus des fiches ont été réalisés avec plusieurs enseignant(e)s du secondaire en Suisse romande.

Parmi les thématiques proposées, figurent : l’histoire des jeux, décortiquer l’addiction au jeu grâce à la psychologie, casser les fausses croyances à l’aide des probabilités, décoder les stratégies des opérateurs de jeux, aborder le jeu de hasard à travers la littérature…

Une analyse des JHA est proposée à travers des vidéos, ainsi que de quizz.

»  Télécharger les fiches et en savoir plus

21/09/2021
 

Jeu d’argent pathologique : gérer la crise suicidaire

C'est le thème de la conférence proposée dans le cadre des « Rencontres de l'IFAC » qui aura lieu le jeudi 25 novembre de 15 h à 18 h

Le jeu d’argent pathologique a des conséquences négatives dans tous les domaines de la vie, et peut conduire au suicide. Comparés à la population générale, les joueurs pathologiques ont 3,4 fois plus de risque de faire une tentative de suicide, c'est pourquoi l'Institut fédératif des addictions comportementales propose une après-midi d'information avec 2 intervenants : 

  • tout d'abord, l'exposé sur les aspects épidémiologiques et cliniques du Pr Anders Håkansson, professeur de psychiatrie à Lund (Suède) qui s'appuiera sur la littérature scientifique disponible sur le sujet et son expérience clinique et de recherche. 
  • ensuite, l'évaluation et la prise en charge du risque suicidaire seront abordées par une intervenante locale, le Dr Virginie Lagrée (service des urgences du CHU de Nantes). Son point de vue sera résolument pratique, donnant ainsi des outils pour faire face à la crise suicidaire.
» En savoir plus

 

Le comportement alimentaire est influencé par des récepteurs opiacés dans le cerveau

Récemment, une équipe de l’université de Turku (Finlande) a découvert un lien entre notre système opioïde cérébral et le comportement alimentaire, plus particulièrement nos envies de manger déclenchées par des stimuli extérieurs (par exemple voir une publicité pour une nouvelle tablette de chocolat très appétissante…). Elle a publié les résultats de la recherche dans la revue « Translational Psychiatry »

Bien que les récepteurs centraux μ-opioïdes et les récepteurs cannabinoïdes se chevauchent anatomiquement dans les régions du cerveau qui régulent la récompense alimentaire, ils ont des rôles distincts dans la médiation des comportements alimentaires individuels. Le système central des récepteurs centraux μ-opioïdes pourrait constituer une cible pharmacologique pour réduire le comportement alimentaire excessif des individus en réaction aux indices alimentaires.

» Lire le début de l'article sur le site de Sciences et Avenir

10/09/2021

Le Groupement romand d’études des addictions (GREA) alerte sur son site Internet sur les plateformes de jeux en ligne illégales en Suisse car basées Caraïbes ou dans d'autres paradis fiscaux. Ces cryptocasinos « pratiquent un marketing extrêmement agressif en n'hésitant pas à massivement sponsoriser des jeunes qui diffusent en live leurs sessions de jeu sur la plateforme de streaming Twitch, bien connue des gamers ». Chaque jour, des milliers de jeunes regardent ainsi en direct d'autres jeunes gagner ou perdre l'équivalent de centaines de milliers de dollars en cryptomonnaies sur ces casinos.

Le jeu en ligne sur ces plateformes est  anonyme et échappe complètement aux mesures de lutte contre le jeu excessif. Les risques de dépendance sont d'autant plus élevés. Le GREA s’inquiète d’une législation suisse déjà obsolète devant ce phénomène.

» Lire l'actualité sur le site du GREA

08/09/2021

Anorexie : jusqu’où les gènes sont-ils coupables ?
 

Et si notre santé psychique, notre métabolisme ou encore notre taille et notre poids nous prédisposaient à certains troubles du comportement alimentaire (TCA) comme l’anorexie?

 

C’est ce que tend à démontrer une récente étude menée par une équipe de l’Université de Genève (UNIGE), parue en mai 2021.

« Cette étude nous a permis de comprendre que l’anorexie a des bases génétiques qui ne sont pas seulement de type psychiatrique mais aussi liées au métabolisme et à des facteurs anthropométriques comme le poids, l’IMC ou encore la taille », explique Nadia Micali, professeure au Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’UNIGE et cheffe du Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), qui a dirigé ces travaux.

»  Lire l'article

02/09/2021

Accueil dans les CSAPA : hausse du nombre de personnes prises en charge pour une addiction sans substance

 

Un numéro de Tendances analyse l’évolution des caractéristiques des personnes prises en charge dans les CSAPA à partir des données de l’enquête annuelle RECAP et des rapports d’activité de ces structures. 

L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) présente dans le numéro 146 de Tendances, les caractéristiques du public accueilli en 2019 dans les 430 Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) répartis sur le territoire. En 2019, les CSAPA ont accueilli un peu plus de 300 000 patients (estimation). Entre 2015 et 2019, les files actives déclarées ont augmenté de 20 000 personnes (+ 7  %).  Le nombre de personnes prises en charge pour un problème d’addiction comportementale ou sans substance représente un peu moins de 4 % de l’ensemble du public des CSAPA. Cette catégorie générale regroupe en 2019 plus précisément les « jeux d’argent » (33 % de l’effectif du groupe), la « cyberaddiction » (31 %), les « troubles alimentaires légers » (20 %) et les « autres addictions sans produit » (16 %).

Entre 2015 et 2019, le pourcentage de personnes prises en charge pour une addiction sans substance est passé de 2,6 % à 3,9 %. Les effectifs restent limités relativement à ceux des autres groupes mais ont connu une progression assez rapide depuis 2015 (+ 50 %), en particulier au cours des deux dernières années (+ 17 % chaque année). La progression a été beaucoup plus forte pour les personnes ayant des problèmes de cyberaddiction dont la part dans l’ensemble des addictions sans substance a presque doublé depuis 2015 passant de 18 % à 31 %...
 

» Télécharger le numéro 146 de Tendances

 

27/08/2021

Casinos, derrière les machines à sous

France 3 Hauts-de-France propose depuis le lundi 16 août, une série sur l'envers du décor des casinos. 

Le premier article de la série est consacré au travail des croupiers puis suivent un article sur les joueurs. Le troisième article est consacré à la préoccupation de l’addiction dans les casinos et pour terminer la série, il est question du fonctionnement des casinos.

» Voir la présentation de la série

» Animer, surveiller, tenir la cadence : les croupiers, premiers piliers du casino

» Ils viennent aussi pour se retrouver, peut-être même pour se séduire : qui sont vraiment les joueurs de casino ?

» Lutte contre la solitude ou combat contre l'addiction : les casinos à la croisée des enjeux de santé publique

» C'est fini, le coffre où il y a 50 millions ! : pourquoi arnaquer les casinos est devenu mission impossible

Effets de l’exposition des enfants et des jeunes aux écrans : de l’usage excessif à la dépendance

C’est le deuxième avis du groupe de travail qui a choisi de mieux y inscrire la dimension sociétale. En se basant sur la littérature scientifique et une série d’auditions d’experts de diverses disciplines, cet avis explore différents termes et interprétations avant de les confronter à une lecture clinique, d’envisager de possibles mesures de prévention et d’émettre des recommandations.  

Il préconise aux familles de réguler l’utilisation des écrans, quitte à mettre des interdits. Il préconise aux  éducateurs de transmettre un savoir-être et un savoir faire avec les écrans aux autorités sanitaires de former et d’éduquer aux compétences numériques en développant chez les jeunes un  regard critique sur les usages et pour finir, il encourage les chercheurs à mener des travaux  sur l'effet du numérique sur la santé.

Le Pr Marie Grall-Bronnec, psychiatre-addictologue au CHU de Nantes a fait partie des personnes auditionnées.

» Télécharger l'avis

 
02/08/2021

Publicités pour les paris sportifs : Une réglementation efficace s’impose pour lutter contre les addictions

C’est le titre du communiqué de presse que vient de faire paraître « Addictions France ». L’assoiiation a relevé que les publicités pour les paris sportifs à l’occasion de l’Euro de football représentaient jusqu’à 40% des affiches publicitaires dans les stations de métro à Paris et petite couronne et plus d’un quart des publicités télévisées avant les matches de foot de l’Euro et pendant la mi-temps.

Addictions France précise que ces publicités ciblent les jeunes des quartiers populaires avec l’idée que le gain potentiel  pourrait représenter une source importante de revenus. Pourtant, l’association S.O.S. Joueurs alerte : tous jeux d’argent confondus, 70,3% des joueurs sont endettés auprès des banques.

Dans son communiqué, Addictions France dénonce des messages  contestables comme celui de l’opérateur Betclic qui insinuerait qu’un pari est nécessaire pour apprécier un match. « Tout pour la daronne » de Winamax aurait été conçu pour toucher un public jeunes qui pourraient « remercier leur mère » en leur remettant un cadeau issu des sommes gagnées ; sans oublier les offres promotionnelles -  sous forme de centaine(s) d’euros de « paris gratuits » - qui incitent à parier plusieurs fois, en laissant entrevoir la possibilité de « se refaire », soit de gagner plus après avoir perdu. C’est un mécanisme caractéristique de l’addiction au jeu.

Addictions France appelle dès lors à l’adoption d’une « loi Evin pour le jeu » qui permettrait d’interdire diffusion de ce type de publicités dans les médias visibles par les mineurs, d’interdire leur affichage près des établissements scolaires, universitaires et sportifs, d’encadrer strictement les offres promotionnelles,… de supprimer les messages purement subjectifs (liés au plaisir unique de jouer, à la fête, aux dons issus des gains…).

En Espagne et en Italie, des mesures ont déjà été prises pour limiter ces publicités.

Addictions France…  appelle les parlementaires à se saisir du sujet afin d’encadrer la publicité pour les paris sportifs et ainsi contribuer aux objectifs de santé publique en matière de lutte contre les pratiques addictives.

»  Télécharger le communiqué de presse

 
09/07/2021
Mon enfant est-il accro aux jeux vidéo ? Conseils de vie au quotidien : livre écrit par deux psychiatres nantais

Présenté en trois parties : comprendre, observer, agir, le livre va permettre aux parents, grâce à un  cheminement éclairant avec des étapes rassurantes, de « dédiabioliser » ce média. Après un rappel du conseil classique : un jeu pour chaque catégorie d’âge, le livre aborde la question délicate de la place des jeux dans la vie de famille. Quelques repères éducatifs simples sont proposés. Quant aux parents d’adolescents, ils trouveront aussi des raisons de ne pas trop s’inquiéter ; même si parfois, certains joueurs « basculent ». Là aussi, les auteurs ont pris soin d’expliquer de façon très pédagogique, dans quel cas, il va falloir aller au-delà de simples prescriptions parentales. Et si le diagnostic d’addiction est posé, la dernière partie du livre s’attache à montrer l’éventail des thérapies proposées entre consultations, groupe de parole pour l’entourage, thérapie familiale, voire hospitalisation… En fil rouge de cet ouvrage, un père de joueur livre son témoignage, partageant ses doutes avec les lecteurs.

» Commande possible sur le site de l'éditeur