Binge-eating : rétablir le dialogue entre l’intestin et le cerveau

Publié le 27 janvier 2022 Mis à jour le 27 janvier 2022
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le 27 janvier 2022

Une équipe scientifique de l’université de Paris/CNRS a trouvé une nouvelle voie de contrôle de l’appétit reliant l’intestin et le cerveau, qui pourrait être à l’origine des troubles alimentaires de type compulsif, autrement connus sous le nom de binge-eating.

Les fondements physiologiques et moléculaires de l'établissement l’hyperphagie boulimique ne sont pas connus. Dans une étude publiée le 24 janvier 2022 dans la revue Molecular Psychiatry, l’équipe scientifique « Contrôle central du comportement alimentaire et de la dépense énergétique » (Unité de biologie fonctionnelle et adaptative - Université de Paris/CNRS) ont découvert un « nouveau mécanisme régulant la prise alimentaire, qui ne se situe pas dans le cerveau mais en périphérie : l’axe intestin-cerveau et plus particulièrement le nerf vague ».

« L’équipe de recherche a mis en évidence que lorsque les souris entrent dans leur phase compulsive de binge-eating, le taux d’endocannabinoïdes périphériques sécrétés par l’estomac et l’intestin, augmente et inhibe cet axe vagal ce qui entraîne une réduction de la satiété conduisant les souris à manger davantage. Comme un cercle vicieux, le binge–eating engendre le phénomène de récompense compulsive. Au contraire, l’inhibition du récepteur de ces endocannabinoïdes (appelé récepteur CB1) conduit à une activation de la satiété par le biais du nerf vague, donc à une réduction du phénomène de récompense et ainsi à une réduction du comportement alimentaire compulsif. 

Par ailleurs, cette étude révèle l’importance d’étudier la connectivité fonctionnelle corps-cerveau et les processus d’intéroception comme leviers pour agir sur certains troubles métaboliques mais aussi psychiatriques.

Ces résultats ouvrent des pistes intéressantes qu’il reste à étudier chez l’Homme. Si elles s’avèrent aussi bénéfiques pour l’Homme, cela constituerait une avancée majeure en matière de santé pour limiter le développement de pathologies secondaires comme l’obésité, le diabète… »

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